Ramzi Larbi, fondateur de C2S
05/05/2017 leblogdesentreprises

Ramzi Larbi, fondateur de C2S

Il est des trajectoires toute à la fois singulières et limpides, des parcours professionnels fulgurants et captivants. Ainsi, ceux de Ramzi Larbi, 36 ans, ingénieur en informatique et chef d’entreprise brillant et énergique.

  • L'interview

 

Rencontre avec un jeune entrepreneur Niçois à l’origine d’une innovation révolutionnaire.

 

Quels ont été votre cursus et le début de votre vie professionnelle ?

Ramzi Larbi : J’ai su très tôt ce que je voulais – être autonome – et ce que je ne voulais pas – dépendre d’une hiérarchie. Aussi, après un baccalauréat scientifique, j’ai fait Maths sup-Maths spé, une école d’ingénieur en informatique puis une licence en management de projets technologiques. J’ai appris à comprendre l’évolution de la société face aux technologies nouvelles, l’anticipation, le management et la création d’entreprise. Une fois diplômé, j’ai travaillé chez Renault puis chez Air France en tant que directeur adjoint des systèmes d’information. À 25 ans, j’ai saisi une opportunité qui s’offrait à moi…

Pouvez-vous nous raconter cet événement qui a changé le cours de votre carrière ?

R.L. : J’ai été sollicité pour mettre au point une solution de sécurisation des systèmes d’encaissement pour les restaurants et les boulangeries, lesquels perdent chaque jour de 30 à 50 euros par salarié. J’ai relevé le défi et élaboré un système de vidéo surveillance relié aux caisses enregistreuses. Salarié pendant trois ans, j’ai décidé de prendre mon destin en mains, je suis allé voir une banque, pour me lancer il me fallait 200 000 euros.

Vous avez obtenu ce prêt et vous vous êtes mis à votre compte ?

R.L. : Si j’ai le goût de l’entreprenariat, je sais être prudent. J’ai donc rencontré les dirigeants de Cash Systemes Industrie (CSI), leader dans le secteur. Ils ont accepté ma proposition et avec eux, en février 2012, j’ai créé Cash Systems Security, C2S. Après quelques semaines, tout était rodé et j’ai fini par m’ennuyer. La suite tient du concours de circonstance et du défi : Lors d’un déjeuner, une amie m’a confié ses soucis de directrice d’EHPAD quant aux chutes de ses résidents car ceux-ci ne portent pas toujours leurs bracelets d’alarme. Sur le ton de la plaisanterie je lui ai dit que je pouvais installer des caméras, créer un algorithme et lui envoyer un SMS pour la prévenir d’une chute. Le lendemain, elle me demandait d’équiper ses 11 établissements avec ma « Vidéo et Analyse Chute », le nom initial du VAC.

C’est donc par hasard que le VAC est né ?

R.L. : Par hasard et avec la confiance de mes deux associés ! Quand je leur ai soumis le projet, ils m’ont donné carte blanche et j’ai pu créer ma startup, Creativity Specific Software, C2S. Les premiers temps ont été durs, car le VAC est très novateur et le marché n’était pas prêt, les mentalités sont longues à changer en matière de santé. Pourtant, je ne pouvais pas prendre le risque de voir la concurrence se saisir de mon innovation et de la développer ! Aussi, j’ai déposé des brevets en France, au Canada et aux Etats-Unis et j’ai rebondi. Le VAC et ses capteurs optiques sont ainsi devenus « Visualisation et Analyse de Chute ». En outre, je présente toujours très vite mes autorisations obtenues auprès de la CNIL pour ce qui est du respect de la vie privée. Le VAC ne voit que des formes et identifie quand celles-ci chutent ou ne bougent plus sur un laps de temps trop long, les images sont floutées. À partir de là, le taux d’acceptation du produit est monté en flèche.

Vous avez donc répondu à tous ces clients enfin réceptifs à votre innovation ?

R.L. : J’aurais pu, mais j’ai opté pour une autre stratégie, à savoir faire du qualitatif et non du quantitatif, communiquer intelligemment et non tous azimuts. De la même façon, j’ai d’abord équipé les particuliers situés dans un périmètre restreint autour de mes bureaux afin d’intervenir rapidement. Pour la commercialisation, à la vente directe j’ai préféré la vente indirecte, via des intégrateurs. J’ai pensé qu’il fallait mieux créer de l’interaction entre nous plutôt que de la concurrence. En septembre 2016, j’ai signé un contrat avec l’anglais Tunstall Vitaris, acteur majeur de la téléassistance et j’ai convaincu les trois groupes leaders d’EHPAD (Orpéa, Korian, Medica), qui représentent 150 000 lits en Europe. C2S est aujourd’hui dans sa phase de déploiement et de structuration. Mon défi actuel est de réduire l’âge moyen (85,6 ans) de l’acquéreur du VAC. Pour cela je m’oriente vers de la sécurité – puisque le VAC fonctionne sur la détection des mouvements – la domotique me permettrait d’élargir ma clientèle. J’y travaille d’arrache-pied !

 

En savoir plus : www.creative2s.fr